V – 1.

V – 1.

Je dénichai le profil d’Armand aux alentours de la fin de l’année 2013, ou peut-être le début de 2014. Alors étudiante en lettres appréciant la littérature, j’avais été séduite par sa prose, relayée régulièrement sur Facebook par un ami commun.

Parmi le vivier d’individus dont j’avais croisé la route sur Internet, seuls quelques-uns s’étaient jusqu’ici montrés capables de s’exprimer correctement. Armand en faisait partie et je m’en étonnai, considérant que ses écrits surpassaient en qualité ceux que l’on pouvait trouver dans de nombreux ouvrages ayant franchi l’étape de la publication. Il abordait divers sujets, de la musique aux livres anciens en passant par des billets plus autobiographiques qui relataient ses amours passées ou offraient à ses lecteurs d’hilarantes anecdotes tirées de son quotidien. Son style était fluide, son vocabulaire riche et sa grammaire excellente, mais non content d’exceller sur la forme, Armand savait aussi faire preuve d’un humour et d’une répartie qui m’impressionnaient, moi qui avais toujours été trop nerveuse en société pour que de tels mots d’esprit me viennent aussi spontanément.

Armand publiait sur sa page depuis plusieurs années. D’abord, je n’y fis qu’un rapide passage, trop intimidée par ce personnage que je voyais déjà devenir un écrivain renommé – ce n’était assurément qu’une question de mois. Mais loin de m’attirer à lui, cette destinée que je lui prédisais me maintint plutôt à distance : viscéralement rebutée par l’esprit de compétition, je n’avais pas la moindre envie de devoir me battre pour conserver ma place auprès de quiconque au moment où cette personne, devenue célèbre, se ferait courtiser par une foule d’admirateurs fraîchement débarqués. Par ailleurs, mon dégoût de moi-même me poussait à considérer que ma présence aux côtés d’un artiste en phase de création constituait un parasitisme  nuisible à son travail. Je n’avais en effet rien d’intéressant à apporter à personne et je devais donc œuvrer pour que mon existence passe autant que possible inaperçue.

Je m’abstins donc de rédiger le moindre commentaire sur son mur ce soir-là mais lui témoignai mon admiration pour ses textes en likant discrètement ceux que j’avais le plus appréciés. Je quittai sa page en me promettant d’acheter le roman qu’il publierait selon ses dires bientôt, assurée que sa lecture constituerait une agréable expérience.

De nombreuses notifications m’attendaient le lendemain matin, et je fus stupéfaite de voir qu’elles venaient de lui. Cet homme bientôt illustre était venu sur mon profil pour y commenter plusieurs de mes photos. Son invitation à devenir amis suivit rapidement et je ressentis immédiatement une boule au ventre : Armand faisait erreur, j’étais indigne de figurer parmi ses contacts et il finirait bien par s’en rendre compte un jour ; tout cela résultat probablement d’un malentendu dont je ne parvenais pas à identifier l’origine. Cependant, je ne pouvais pas non plus justifier mon refus en lui opposant mes motivations réelles : ces dernières prenaient racine en mon manque d’estime de moi, si profond, si anormal qu’elles auraient pu sembler hypocrites à quelqu’un ne me connaissant pas. Je ne voulais pas donner l’impression de chercher à ce que l’on me rassure ou me complimente, aussi me tus-je et acceptai son offre.

 

 

[Film] Morse (2008)

[Film] Morse (2008)

Ce qui frappe d’abord dans Morse, c’est le choix du cadre spatio-temporel, qui tranche radicalement avec les atmosphères gothiques, aristocratiques ou orientalistes de beaucoup de films de vampires. L’action se déroule en effet dans la Suède pauvre des années 1980, au cœur d’une ville glaciale, envahie par la neige et vidée de ses habitants. De cette association unique émerge une atmosphère que l’on ne retrouvera nulle part ailleurs et qui sera renforcée par la froideur des personnages mêmes. Ceux-ci toujours distants entre eux, échangeront parfois quelques paroles poussives et monocordes entrecoupées de longs silences contribuant ainsi à la construction d’une esthétique clinique et déshumanisée qui se marie parfaitement avec le thème du vampire. Dans Morse, les êtres vivants ressemblent tous à des cadavres ambulants, barricadés dans leurs HLM-cercueils, exclus de la société et ne ressentant rien, hormis la solitude et la haine.

Malheureusement, cette déshumanisation va sans doute trop loin et constitue à mon sens le défaut majeur du film : à trop être vidés de leur âme, les personnages principaux manquent cruellement de profondeur. Le scénario en lui-même est assez basique – une histoire de chasse, de harcèlement et de vengeance enjolivée de quelques péripéties et non exempte de deus ex machina – et les protagonistes sont caractérisés de manière beaucoup trop simpliste – on sait peu de choses du héros, en dehors de son désir de vengeance et de son inaptitude sociale. Quelques pistes sont parfois évoquées ici et là (la relation de l’enfant avec son père, la cicatrice mystérieuse de la vampire), mais elles sont trop superficielles pour parvenir à contrebalancer la pauvreté de l’intrigue. Enfin, la musique, qui savait pourtant se faire discrète durant la majeure partie de l’oeuvre, est d’une lourdeur excessive dans les scènes finales : ses notes dramatiques sont inaptes à nous communiquer la détresse du héros et m’ont laissé un arrière-goût de film raté, au potentiel intéressant mais loin de remplir ses promesses de finesse et d’originalité.


Film regardé le 30 juillet 2018.

Note : 5/10

V – Introduction

V – Introduction

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Introduction

V – 1 – Hiver 2014

V – 2 – Printemps 2014

V – 3 – 27 juin 2014

V – 4 – Août & Septembre 2014


Les années qui suivirent furent le théâtre de deux histoires imbriquées que je relaterai ici, chacune étant à sa manière le récit d’un lent naufrage pourtant anticipable. La première traitera de ma relation chaotique avec un individu fort peu recommandable, la seconde de l’échec de mon ambition professorale.

La personne dont je souhaiterais parler se révélant être un an et demi après notre rupture encore fort prolixe à mon sujet, je profiterai de cette partie du récit pour porter ma propre vision des choses à la connaissance de ceux qui n’ont jusqu’ici pu entendre qu’une version des faits fournie par mon ex-ami, narrateur particulièrement indigne de confiance.

Je ne chercherai pas à romancer les faits au nom d’une bien commode licence littéraire. Je tâcherai de me montrer honnête en relatant aussi bien mes mérites que mes erreurs – car il y en a eu, mais pas forcément celles que l’on m’impute.

Enfin,  bien que je ne puisse pas l’empêcher, j’aimerais que celles et ceux qui connaissent la personne dont il est question ne lui communiquent pas l’adresse de ce site, ou, au moins, qu’ils se gardent de le faire tant que ce récit ne sera pas achevé. Je pense qu’il est nécessaire que mes éventuels lecteurs aient accès à une vision globale des événements avant de prendre une décision qui, sans doute, attisera chez lui des velléités de vengeance. En effet, ma défense face à ses calomnies, bien que tardive et discrète, pourrait lui sembler inadmissible dans la mesure où elle fera ombrage à sa réécriture des faits. Ses mensonges grossiers, martelés frénétiquement auprès de son entourage depuis une vingtaine de mois, risqueront d’être mis à mal provoquant par là même la dégradation de l’image enjolivée que ses lecteurs se faisaient de lui.

J’ai précieusement conservé au cours de ma relation avec lui, un grand nombre de traces écrites sur lesquelles je m’appuierai afin de rendre ce récit le plus fiable et le plus précis possible. À ceux dont l’opinion m’importe, je vous encourage, si le moindre doute sur l’objectivité de ma version des fait vous habite, à me réclamer une copie de ces échanges.

Bonne lecture.

[Japon] 24 juillet 2017

[Japon] 24 juillet 2017

J19.
Dernière journée au Japon.
Adieu, toilettes chauffantes et trains ponctuels ! Je vais enfin pouvoir remanger des mangues à moins de vingt euros l’unité et des pêches à moins de dix !
Photo : le dôme d’Hiroshima, l’un des rares bâtiments à être plus ou moins resté debout après l’explosion de la bombe, au milieu d’un jardin rempli de monuments prônant la paix et désarmement nucléaire.

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[Japon] 24 juillet 2017

[Japon] 24 juillet 2017

J18.
Après les chats, les renards, les singes et les chevreuils, direction Okunoshima, l’île des lapins.
Mon compagnon de voyage n’ayant jamais été emballé à l’idée d’aller voir des animaux, il m’aura fallu déployer toute ma ruse pour lui faire accepter cette ultime visite. Ainsi, hier matin, pendant qu’il dort encore, je remplis bruyamment mon sac et quand il entrouvre les yeux, je lui annonce :
– Tu fais ce que tu veux, mais moi j’y vais.
Il soupire, se plaint, dit que je vais me perdre, qu’il va devoir appeler la police, et me demande de l’attendre. Mission accomplie.
Okunoshima hébergeait pendant la seconde guerre mondiale une fabrique secrète de gaz toxique et aujourd’hui, les descendants des lapins de laboratoire se promènent tranquillement parmi les ruines de l’usine. Ils n’ont aucun prédateur et leur vie se résume à faire la sieste et à attendre d’être nourris par un touriste.
En hiver, les lapins ont un peu plus faim, et il n’est pas rare de voir des gens allongés par terre se faire recouvrir par une marée de ces petites boules de poils cherchant à manger. Hier, les bestioles étaient plutôt tranquilles, mais il m’est arrivé une demi douzaine de fois de voir arriver, sur un sentier en plein milieu de la forêt, un lapin courant à toute allure dans l’espoir que je lui donne quelques granulés.
Demain, retour à Tokyo pour être prête à redécoller mercredi. Si quelqu’un veut que je lui ramène une spécialité locale (je pense par exemple aux KitKat thé vert), c’est le moment !

 

L'usine abandonnée. Il était interdit d'y entrer mais nous avons vu des gens en sortir, et la désobéissance est contagieuse. :)
L’usine abandonnée. Il était interdit d’y entrer mais nous avons vu des gens en sortir, et la désobéissance est contagieuse. 🙂
Des lapins dédaignant mes croquettes.
Des lapins dédaignant mes croquettes.
Un lapin affamé dans la forêt.
Un lapin affamé dans la forêt.
Vue depuis les hauteurs de l'île.
Vue depuis les hauteurs de l’île.
Un lapin apparaît soudain pendant que je prends une photo des ruines.
Un lapin apparaît soudain pendant que je prends une photo des ruines.
[Japon] 23 juillet 2017

[Japon] 23 juillet 2017

J17.
Décidément, nous avons le chic pour débarquer dans les villes au bon moment. À Kyoto, nous étions arrivés le jour de lancement du festival Gion Matsuri, et ce soir, à Hiroshima, nous avons pu nous consoler de notre absence aux feux d’artifice du 14 juillet en contemplant ceux du port d’Hiroshima (de loin, sous la pluie, du haut d’une passerelle et à trois kilomètres de l’événement, si j’en crois mes savants calculs, mais c’est déjà ça).
Notre arrivée tardive ne nous aura pas permis de visiter grand-chose en dehors du fameux « centre pokémon » d’Hiroshima, qui proposait une collection assez honorable de peluches et de goodies.
Prochaine étape, l’île des lapins !

 

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[Japon] 21 juillet 2017

[Japon] 21 juillet 2017

J16.
Notre traversée du Japon jusqu’à Kyushu était principalement motivée par une chose : la visite de Hashima, aussi connue sous le nom de Gunkamjima ou Battleship Island, une île abandonnée à 18 kilomètres de Nagasaki.
Ancienne exploitation de charbon, elle fut brièvement le lieu le plus densément peuplé au monde et la première tour en béton du Japon fut construite sur son sol en 1919. L’île est minuscule – 480 mètres sur 160, mais elle a hébergé jusqu’à 6000 personnes. On y trouve même les ruines d’un hôpital, d’un temple et d’une école primaire.
Nous n’avions malheureusement pas libre accès aux bâtiments. La visite est limitée à un tout petit sentier coulé dans du béton et notre guide ne nous a pas lâchés d’une semelle pendant quarante minutes.
L’ambiance post-apocalyptique valait en tout cas le détour et nous a insufflé l’envie de faire un jour un tour à Prypiat, la ville abandonnée aux alentours de Tchernobyl.
Fait amusant : notre guide, peu avare de détails lorsqu’il était question de l’histoire de l’île, n’a néanmoins pas mentionné une seule fois l’exploitation et la torture des travailleurs forcés coréens sur Hashima pendant la seconde guerre mondiale. Ça ne devait pas être assez vendeur…

 

Hashima.
Hashima.
Hashima, dans un très sale état, principalement à cause des fréquents typhons ravageant la zone. Au fond, les habitations des travailleurs.
Hashima, dans un très sale état, principalement à cause des fréquents typhons ravageant la zone.
Au fond, les habitations des travailleurs.
Hashima.
Hashima.
Hashima, depuis le ferry.
Hashima, depuis le ferry.
Hypocentre de l'explosion de la bombe, Nagasaki.
Hypocentre de l’explosion de la bombe, Nagasaki.
[Japon] Mercredi 19 juillet 2017

[Japon] Mercredi 19 juillet 2017

J14.
Pour la première fois, je n’ai pas réussi à rédiger mon compte-rendu le soir même : je me suis endormie tout de suite, complètement épuisée. Je commence à ressentir les effets de deux semaines de longues marches quotidiennes par temps caniculaire et humide. Osaka elle-même n’éveille plus en moi l’intérêt que pouvaient avoir les premières villes explorées au Japon. J’ai parcouru trop de temples, châteaux et salles d’arcade pour avoir envie d’en visiter d’autres, le trio alimentaire ramen-onigiri-edamame commence à me peser et les bizarreries locales me paraissent désormais trop familières pour être distrayantes. Bref, je pense que nous aurions dû nous cantonner à deux semaines de voyage.
Je suis actuellement dans le train pour Nagasaki où nous avons prévu de visiter une île abandonnée depuis les années cinquante, ce qui promet au moins d’être original.

 

À l'aquarium d'Osaka.
À l’aquarium d’Osaka.
Château d'Osaka.
Château d’Osaka.
[Japon] Mardi 18 juillet 2017

[Japon] Mardi 18 juillet 2017

J13.
Terminé, Kyoto ! Ce soir, je dors à Osaka, une autre ville réputée pour son côté traditionnel. Mais avant de gagner mon nouveau logement, j’ai fait un petit détour par Nara, un sanctuaire voisin où les cerfs se promènent à leur guise.
Si elles n’aiment pas particulièrement se faire caresser, ces adorables bestioles raffolent des biscuits vendus à l’entrée et vous suivront jusqu’à l’autre bout du parc lorsqu’elles vous verront en acheter. Ma plus grosse erreur a été d’ouvrir le paquet devant un attroupement de ces quadrupèdes. En quelques secondes, je me suis retrouvée encerclée par une dizaine de cerfs. Certains se sont mis à brouter mon débardeur et les sangles de mon sac, d’autres à balancer dangereusement leurs bois en direction de mes yeux. Je m’en suis sortie in extremis en prenant mes jambes à mon cou tout en lançant des biscuits derrière moi.

Prendre une photo sans se faire grignoter son téléphone : tout un art.
Prendre une photo sans se faire grignoter son téléphone : tout un art.
Moi, essayant de me débarasser mes biscuits sans provoquer de nouvelle émeute.
Moi, essayant de me débarasser mes biscuits sans provoquer de nouvelle émeute.
Temple bouddhiste Todai-ji. La photo ne rend pas vraiment compte de sa taille imposante. Il contient la plus grande statue de bouddha que j'aie jamais vue.
Temple bouddhiste Todai-ji. La photo ne rend pas vraiment compte de sa taille imposante. Il contient la plus grande statue de bouddha que j’aie jamais vue.
Distribution de biscuits.
Distribution de biscuits.

 

[Japon] Lundi 17 juillet 2017

[Japon] Lundi 17 juillet 2017

J12.
Aujourd’hui, nous avons laissé au placard nos vielles frusques de voyageurs pour revêtir des yukatas, tenues d’été traditionnelles.
Au Japon, il n’est pas rare de croiser des habitants en kimono dans les rues, surtout en cette période de festivals. En tant qu’occidentale, je craignais un peu de les imiter, ne voulant pas paraître déguisée ou être accusée de faire de l’appropriation culturelle, mais il semblerait que les japonais ne perçoivent pas les choses d’un si mauvais œil que ça.
Une toute petite dame à l’air sévère m’a donc habillée ce matin. Devant la multiplication des couches (une sous-robe en coton, cinq ou six ceintures souples et rigides, le Yukata lui-même, plusieurs petits chiffons pliés et insérés je ne sais où), j’ai compris que j’allais souffrir. La température avoisinait les trente-cinq degrés et, saison des pluies oblige, l’air est très humide, ce qui rend la chaleur encore plus insupportable. Mon Obi, ce gros ruban rose noué autour de la taille, m’empêchait de respirer à ma guise et l’étroitesse de la partie inférieure du vêtement me contraignait à n’avancer que par tout petits pas. Pour couronner le tout, les employées m’ont empêchée de récupérer mon grand sac à dos de baroudeuse et m’ont forcée à m’encombrer d’un sac à main à fleurs dans lequel j’ai eu à peine la place de glisser une bouteille d’eau. Mon compagnon de voyage, qui n’a jamais réussi à marcher avec des tongs de sa vie, n’a eu d’autre choix devant l’insistance des vendeuses que de chausser les geta en bois assorties à son costume et de quitter les lieux sans baskets de secours.
C’est avec tout ce harnachement que nous sommes partis pour le le sanctuaire de Fushimi inari, célèbre pour ses allées de Torii rouge vermillon. Notre passage dans les escaliers du métro a été particulièrement bruyant et résonnant, et V. a manqué plusieurs fois d’y perdre ses chaussures, mais il a semblé s’habituer à ce curieux accessoire au bout d’une heure ou deux. En ce qui me concerne, j’ai cru mourir de chaud sur l’escalier interminable qui menait au sommet de la montagne. Mes foulées réduites m’obligeaient à monter chaque marche en tout petits pas frénétiques pour ne pas bloquer le passage. Quand j’ai réalisé au bout de vingt minutes d’ascension que nous n’avions même pas effectué le cinquième du trajet, j’ai fait demi-tour et nous sommes allés rendre nos tenues trempés de sueur (mais nos fronts dégoulinants ne nous ont pas empêchés de recevoir une pluie de compliments et de demandes de selfies, ça fait toujours plaisir !).

Allée de torii à Fushimi inari.
Allée de torii à Fushimi inari.
Cimetière Shinto.
Cimetière Shinto.
Dans le métro.
Dans le métro.