[Japon] 21 juillet 2017

[Japon] 21 juillet 2017

J16.
Notre traversée du Japon jusqu’à Kyushu était principalement motivée par une chose : la visite de Hashima, aussi connue sous le nom de Gunkamjima ou Battleship Island, une île abandonnée à 18 kilomètres de Nagasaki.
Ancienne exploitation de charbon, elle fut brièvement le lieu le plus densément peuplé au monde et la première tour en béton du Japon fut construite sur son sol en 1919. L’île est minuscule – 480 mètres sur 160, mais elle a hébergé jusqu’à 6000 personnes. On y trouve même les ruines d’un hôpital, d’un temple et d’une école primaire.
Nous n’avions malheureusement pas libre accès aux bâtiments. La visite est limitée à un tout petit sentier coulé dans du béton et notre guide ne nous a pas lâchés d’une semelle pendant quarante minutes.
L’ambiance post-apocalyptique valait en tout cas le détour et nous a insufflé l’envie de faire un jour un tour à Prypiat, la ville abandonnée aux alentours de Tchernobyl.
Fait amusant : notre guide, peu avare de détails lorsqu’il était question de l’histoire de l’île, n’a néanmoins pas mentionné une seule fois l’exploitation et la torture des travailleurs forcés coréens sur Hashima pendant la seconde guerre mondiale. Ça ne devait pas être assez vendeur…

 

Hashima.
Hashima.
Hashima, dans un très sale état, principalement à cause des fréquents typhons ravageant la zone. Au fond, les habitations des travailleurs.
Hashima, dans un très sale état, principalement à cause des fréquents typhons ravageant la zone.
Au fond, les habitations des travailleurs.
Hashima.
Hashima.
Hashima, depuis le ferry.
Hashima, depuis le ferry.
Hypocentre de l'explosion de la bombe, Nagasaki.
Hypocentre de l’explosion de la bombe, Nagasaki.
[Japon] Mercredi 19 juillet 2017

[Japon] Mercredi 19 juillet 2017

J14.
Pour la première fois, je n’ai pas réussi à rédiger mon compte-rendu le soir même : je me suis endormie tout de suite, complètement épuisée. Je commence à ressentir les effets de deux semaines de longues marches quotidiennes par temps caniculaire et humide. Osaka elle-même n’éveille plus en moi l’intérêt que pouvaient avoir les premières villes explorées au Japon. J’ai parcouru trop de temples, châteaux et salles d’arcade pour avoir envie d’en visiter d’autres, le trio alimentaire ramen-onigiri-edamame commence à me peser et les bizarreries locales me paraissent désormais trop familières pour être distrayantes. Bref, je pense que nous aurions dû nous cantonner à deux semaines de voyage.
Je suis actuellement dans le train pour Nagasaki où nous avons prévu de visiter une île abandonnée depuis les années cinquante, ce qui promet au moins d’être original.

 

À l'aquarium d'Osaka.
À l’aquarium d’Osaka.
Château d'Osaka.
Château d’Osaka.
[Japon] Mardi 18 juillet 2017

[Japon] Mardi 18 juillet 2017

J13.
Terminé, Kyoto ! Ce soir, je dors à Osaka, une autre ville réputée pour son côté traditionnel. Mais avant de gagner mon nouveau logement, j’ai fait un petit détour par Nara, un sanctuaire voisin où les cerfs se promènent à leur guise.
Si elles n’aiment pas particulièrement se faire caresser, ces adorables bestioles raffolent des biscuits vendus à l’entrée et vous suivront jusqu’à l’autre bout du parc lorsqu’elles vous verront en acheter. Ma plus grosse erreur a été d’ouvrir le paquet devant un attroupement de ces quadrupèdes. En quelques secondes, je me suis retrouvée encerclée par une dizaine de cerfs. Certains se sont mis à brouter mon débardeur et les sangles de mon sac, d’autres à balancer dangereusement leurs bois en direction de mes yeux. Je m’en suis sortie in extremis en prenant mes jambes à mon cou tout en lançant des biscuits derrière moi.

Prendre une photo sans se faire grignoter son téléphone : tout un art.
Prendre une photo sans se faire grignoter son téléphone : tout un art.
Moi, essayant de me débarasser mes biscuits sans provoquer de nouvelle émeute.
Moi, essayant de me débarasser mes biscuits sans provoquer de nouvelle émeute.
Temple bouddhiste Todai-ji. La photo ne rend pas vraiment compte de sa taille imposante. Il contient la plus grande statue de bouddha que j'aie jamais vue.
Temple bouddhiste Todai-ji. La photo ne rend pas vraiment compte de sa taille imposante. Il contient la plus grande statue de bouddha que j’aie jamais vue.
Distribution de biscuits.
Distribution de biscuits.

 

[Japon] Lundi 17 juillet 2017

[Japon] Lundi 17 juillet 2017

J12.
Aujourd’hui, nous avons laissé au placard nos vielles frusques de voyageurs pour revêtir des yukatas, tenues d’été traditionnelles.
Au Japon, il n’est pas rare de croiser des habitants en kimono dans les rues, surtout en cette période de festivals. En tant qu’occidentale, je craignais un peu de les imiter, ne voulant pas paraître déguisée ou être accusée de faire de l’appropriation culturelle, mais il semblerait que les japonais ne perçoivent pas les choses d’un si mauvais œil que ça.
Une toute petite dame à l’air sévère m’a donc habillée ce matin. Devant la multiplication des couches (une sous-robe en coton, cinq ou six ceintures souples et rigides, le Yukata lui-même, plusieurs petits chiffons pliés et insérés je ne sais où), j’ai compris que j’allais souffrir. La température avoisinait les trente-cinq degrés et, saison des pluies oblige, l’air est très humide, ce qui rend la chaleur encore plus insupportable. Mon Obi, ce gros ruban rose noué autour de la taille, m’empêchait de respirer à ma guise et l’étroitesse de la partie inférieure du vêtement me contraignait à n’avancer que par tout petits pas. Pour couronner le tout, les employées m’ont empêchée de récupérer mon grand sac à dos de baroudeuse et m’ont forcée à m’encombrer d’un sac à main à fleurs dans lequel j’ai eu à peine la place de glisser une bouteille d’eau. Mon compagnon de voyage, qui n’a jamais réussi à marcher avec des tongs de sa vie, n’a eu d’autre choix devant l’insistance des vendeuses que de chausser les geta en bois assorties à son costume et de quitter les lieux sans baskets de secours.
C’est avec tout ce harnachement que nous sommes partis pour le le sanctuaire de Fushimi inari, célèbre pour ses allées de Torii rouge vermillon. Notre passage dans les escaliers du métro a été particulièrement bruyant et résonnant, et V. a manqué plusieurs fois d’y perdre ses chaussures, mais il a semblé s’habituer à ce curieux accessoire au bout d’une heure ou deux. En ce qui me concerne, j’ai cru mourir de chaud sur l’escalier interminable qui menait au sommet de la montagne. Mes foulées réduites m’obligeaient à monter chaque marche en tout petits pas frénétiques pour ne pas bloquer le passage. Quand j’ai réalisé au bout de vingt minutes d’ascension que nous n’avions même pas effectué le cinquième du trajet, j’ai fait demi-tour et nous sommes allés rendre nos tenues trempés de sueur (mais nos fronts dégoulinants ne nous ont pas empêchés de recevoir une pluie de compliments et de demandes de selfies, ça fait toujours plaisir !).

Allée de torii à Fushimi inari.
Allée de torii à Fushimi inari.
Cimetière Shinto.
Cimetière Shinto.
Dans le métro.
Dans le métro.

 

[Japon] Dimanche 16 juillet 2017

[Japon] Dimanche 16 juillet 2017

J11.
Finalement, en dépit de nos courbatures encore bien tenaces, nous avons survécu aux vingt minutes de marche sur le chemin pentu qui menait au parc des singes. Le plus difficile à supporter ici reste la chaleur : le temps est caniculaire. Je me suis pour ma part adaptée aux coutumes locales et je n’hésite plus à déployer mon parapluie-ombrelle au moindre rayon de soleil.
Le parc accueille uniquement des macaques, seule espèce à habiter le Japon. Ils se promènent en liberté dans une zone plutôt vaste et retournent dans la forêt à la tombée de la nuit. Au sommet de la colline, les visiteurs peuvent s’enfermer dans une cage pour distribuer de la nourriture aux singes. Ceux-ci ne se pressent pas vraiment au portillon et certains se payent même le luxe de pousser mollement de votre main la nourriture qui ne leur plaît pas. J’ai eu l’insigne honneur d’être approchée par un bébé macaque qui, dès son apparition, est devenu le centre d’attention général, et mes offrandes de cacahuètes ont été saluées à plusieurs reprises par des cris d’admiration de la part des autres touristes.
Nous avons déniché en nous promenant à Kyoto un magasin de location de yukatas et en avons réservé un chacun pour demain. Photos à venir. 

 

Sachez que j'ai dû enfreindre trois règles du parc pour prendre cette photo.
Sachez que j’ai dû enfreindre trois règles du parc pour prendre cette photo.
Contrairement aux apparences, c'est moi qui suis dans la cage.
Contrairement aux apparences, c’est moi qui suis dans la cage.
Forêt de bambous.
Forêt de bambous.
[Japon] Samedi 15 juillet 2017

[Japon] Samedi 15 juillet 2017

J10.
Pour une fois, j’ai fait le choix de louer une chambre chez un habitant plutôt qu’un logement entier et je ne le regrette pas. Notre hôte nous préparait un délicieux petit déjeuner chaque matin, et c’est le ventre plein que nous avons fait nos adieux au Mont Fuji depuis le ponton d’observation de la gare.
Le train nous a ensuite emmenés à Kyoto en quatre ou cinq heures. Percluse de courbatures comme je l’étais après notre randonnée de la veille, cet immobilité forcée m’a fait du bien. Je boîte encore ce soir à la simple vue d’un escalier, et même la marche la plus lente me fait souffrir.
Une fois sur place, le propriétaire de notre logement nous a appris que nous arrivions à temps pour Gion Matsuri, l’un des principaux festivals de Kyoto, qui s’étale sur plusieurs jours et qui met en scène une procession de chars dans l’un des plus vieux quartiers de la ville. Malgré notre fatigue, nous nous sommes donc risqués à effectuer une petite promenade nocturne. Certaines ruelles étaient noires de monde et beaucoup de flâneurs avaient revêtu un kimono pour l’occasion – ou plutôt, un yukata, son équivalent estival, plus léger, en soie plutôt qu’en coton. J’aurais bien aimé en porter un également pour ne pas déparer mais le fait d’avoir un sac à dos pour tout bagage interdit tout achat superflu.
Demain, je devrais visiter un parc où les singes se promènent en liberté. J’espère que mes vieilles douleurs auront disparu d’ici-là car le sentier de randonnée qui y mène est, paraît-il, plutôt sportif…

 

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[Japon] Vendredi 14 juillet 2017

[Japon] Vendredi 14 juillet 2017

J9.
Ascension du mont Fuji.
Je suis complètement épuisée, alors que je n’ai même pas atteint le sommet.
J’ai eu droit à de la pluie et à un brouillard épais qui masquait toute la vallée. Cependant, si je n’ai pas beaucoup profité du paysage, la brume avait au moins l’avantage de nous isoler des autres randonneurs.
En rentrant en ville, le soir, complètement lessivés, nous avons croisé un autre français qui partait pour le Mont Fuji encore moins bien équipé que nous : tout seul, en short, sans bâtons ni lampe frontale. De nuit, dans le brouillard, je vois mal comment il pourra arriver au sommet. Il voulait voir le lever du soleil. J’espère qu’il est encore vivant. 

 

La plus grosse partie de l'ascension : l'escalade, sans les gants recommandés par le guide.
La plus grosse partie de l’ascension : l’escalade, sans les gants recommandés par le guide.

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Sous la pluie.
Sous la pluie.
Le tout petit bout du haut du mont fuji, sur le chemin du retour. Le bas était gâché par un bâtiment très moche, d'où le cadrage bizarre.
Le tout petit bout du haut du mont fuji, sur le chemin du retour. Le bas était gâché par un bâtiment très moche, d’où le cadrage bizarre.
Ouaiiis (Pauvre de moi, je ne savais pas encore que la descente allait être dix fois pire que la montée).
Ouaiiis !
(Pauvre de moi, je ne savais pas encore que la descente allait être dix fois pire que la montée).
[Japon] Jeudi 13 juillet 2017

[Japon] Jeudi 13 juillet 2017

J8.
Échec total aujourd’hui. Nous devions nous rendre à Fujiyoshida, une ville se situant au Nord du mont Fuji. Pour cela, il nous aura fallu monter dans sept trains différents, dont un particulièrement lent qui contournait le célèbre volcan en passant par l’ouest. Ce n’est qu’une fois arrivés que nous avons compris qu’il existait une ligne directe depuis Tokyo et que nous aurions pu arriver à destination quatre heures plus tôt… Au total, le trajet nous aura pris presque onze heures en comptant nos ultimes errances dans des petites rues pavillonnaires, de nuit, guidés par un téléphone à trois pourcent de batterie. À la fin, nous en étions rendus à éclairer avec nos écrans les façades des maisons dans l’espoir reconnaître les planches en bois vert vaguement discernables sur les photos d’airbnb.
Notre hôte, inquiété par mes messages de détresse aura heureusement fini par nous débusquer en ratissant en voiture les rues de son quartier.
Je n’ai donc pas encore vu grand-chose du mont Fuji puisqu’il faisait nuit noire au moment de notre arrivée. Heureusement, demain, une bonne randonnée devrait compenser toutes ces heures passées à attendre dans des trains et des gares.

Une passagère de l'un des trains a confectionné deux origami et nous les a offerts. Quand elle a compris que nous ne savions pas où les ranger, elle s'est empressée d'ajouter la petite enveloppe ("origami in").
Une passagère de l’un des trains a confectionné deux origami et nous les a offerts. Quand elle a compris que nous ne savions pas où les ranger, elle s’est empressée d’ajouter la petite enveloppe (« origami in »).
Le trajet le plus stupide du monde. Il faut dire que je me repose entièrement sur mon compagnon de voyage pour ce qui est de l'orientation, étant moi-même assez peu douée dans ce domaine. J'ai donc ma part de responsable dans cet échec.
Le trajet le plus stupide du monde.
Il faut dire que je me repose entièrement sur mon compagnon de voyage pour ce qui est de l’orientation, étant moi-même assez peu douée dans ce domaine. J’ai donc ma part de responsable dans cet échec.
Notre chambre, près du mont Fuji.
Notre chambre, près du mont Fuji.

 

[Japon] Mercredi 12 juillet 2017

[Japon] Mercredi 12 juillet 2017

J7.
Je craignais que nous nous ennuyions ici, mais la région regorge de promenades, de lacs et de cascades, et je regrette maintenant de ne pas pouvoir rester à Nikko un ou deux jours de plus.
Après un rapide passage dans les bains chauds privés de notre résidence, nous prenons un bus qui nous dépose sur les hauteurs d’une montagne, près d’une cascade certes impressionnante mais enlaidie à mes yeux par les trop nombreuses routes et installations touristiques aux alentours.
Au moment de faire demi-tour pour remonter dans le bus, afin de tuer le temps jusqu’à l’arrivée de notre prochain véhicule, nous nous aventurons sur un petit chemin qui pénètre dans la forêt. Très vite, nous comprenons qu’il s’agit en réalité d’un sentier de randonnée d’une demi douzaine de kilomètres menant à la destination que nous convoitions : un village à Onsens, bains chauds publics alimentés par des sources thermales.
Je ne regrette pas cette petite promenade improvisée au cœur de la forêt, d’où nous apercevions de temps à autre le sommet d’une montagne enveloppé dans des fumerolles de brume. Je n’avais pas vu de paysages aussi beaux depuis mon arrivée au Japon.
Une fois arrivés au village, nos narines sont violemment agressées par une odeur d’oeuf pourri qui semble émaner de partout à la fois. Après avoir soupçonné un pauvre touriste ayant eu le malheur de croiser notre chemin, nous comprenons que cette puanteur provient en réalité des sources thermales elles-mêmes.
Ce mystère élucidé, nous partons à la recherche d’un onsen dans lequel nous détendre mais ne trouvons qu’une sorte de petit lavoir rempli d’eau presque bouillante servant uniquement à tremper ses pieds. Passé un douloureux temps d’adaptation, la température devient supportable et mes pieds semblent apprécier le traitement.
Chassés par une horde bruyante d’écoliers à petits chapeaux jaunes, nous finissons par regagner un arrêt de bus sous une violente averse. C’est la saison des pluies au Japon, et nous avons jusque là été épargnés par les intempéries, mais aujourd’hui, l’orage a grondé pendant toute notre promenade, et mon k-way était évidemment resté dans notre chambre…

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Randonnée autour de Niko.
Randonnée autour de Niko.

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Notre bain (chaud) privé.
Notre bain (chaud) privé.

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Randonnée.
Randonnée.
[Japon] Mardi 11 juillet 2017

[Japon] Mardi 11 juillet 2017

J6.
Départ de Tokyo ce matin pour le village de Nikko, perdu au fond d’une vallée remplie de sanctuaires et de sources chaudes.
Notre lieu de résidence dispose de deux bains privatifs où j’ai pu expérimenter le lavage à la japonaise : avant d’entrer dans le bassin, on s’assied sur un petit tabouret et on se lave à l’aide d’un baquet que l’on vide sur sa tête. J’ai passé une bonne heure à barboter dans l’eau chaude et je me suis rarement sentie aussi détendue. 

L'un des sanctuaires Shinto de la région.
L’un des sanctuaires Shinto de la région.
Nikko.
Nikko.
Le centre-ville de Nikko, avec ses montagnes qui rendaient mieux en vrai.
Le centre-ville de Nikko, avec ses montagnes qui rendaient mieux en vrai.