[Jeu] FAR : Lone Sails

[Jeu] FAR : Lone Sails

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Une très bonne surprise.

Pour faire court, vous incarnez un petit matelot aux commandes d’un voilier terrestre en forme de baleine, en route vers une destination mystérieuse.

Graphiquement, c’est un chef d’oeuvre. Le style rappelle un peu certains aspects d’Inside et de Kentucky Route Zero par ses teintes désaturées, ses jeux de lumière et son aspect minimaliste. Je ne sais pas comment les graphistes sont parvenus à ce résultat, mais en jouant, j’avais à chaque seconde l’impression d’admirer une peinture faite à la tablette graphique. Il m’était difficile de concevoir la présence de polygones derrière ce rendu splendide.
Au cours de votre aventure, vous traverserez une grande variété de paysages vastes et désolés, tous absolument superbes, qui participent à créer une atmosphère de fin du monde. Rien n’est jamais explicitement dit au sujet de ce qu’il s’est passé mais quelques détails sur l’univers sont fournis en filigrane au cours de votre parcours.
Le travail sur les échelles est très bien amené et contribue, lui aussi, à l’impression de solitude extrême véhiculée par le titre, en vous faisant sentir minuscule face à des constructions mastodontesques.

Le gameplay est assez original dans le sens où vous ne contrôlez pas directement le véhicule qui vous transporte. Au lieu de cela, votre matelot devra être constamment actif : réparations, stockage et utilisation du carburant, récupération des objets sur la route, déploiement des voiles… Tout ce travail de manutention a été pensé minutieusement et pour peu que vous soyez vigilant et organisé, il ne générera ni ennui ni panique. Par ailleurs, l’apprentissage de la manœuvre du voilier se fait de manière progressive par l’ajout régulier de modules au bateau et vous n’aurez ainsi jamais l’impression de piloter une usine à gaz à laquelle vous ne comprenez rien. Enfin, cet aspect « gestion » se double aussi d’un petit côté plate-forme, car pour activer les différentes commandes, il vous faudra courir, sauter et presser des boutons, parfois avec votre tête. Je crois n’avoir jamais vu ailleurs ce mélange de genres très réussi.

Votre parcours sera ponctué d’arrêts réguliers pour cause d’obstacles, et il vous faudra résoudre de petites énigmes pour reprendre votre course. Si leur difficulté n’est pas spécialement ardue, Lone Sails ne prend pas non plus le joueur pour un imbécile, et le mécanisme de résolution ne sera jamais deux fois identique.

 


Jeu terminé le vendredi 21 septembre 2018.

Ma note : 10/10 + ♥

Temps de jeu : 3.7 heures.

[Jeu] Heavy Rain

[Jeu] Heavy Rain

Il m’a fallu patienter des années afin d’avoir l’occasion de jouer à Heavy Rain, la faute aux exclusivités console. Peut-être, pour cette raison, en ai-je attendu un peu trop, à force de voir passer des critiques élogieuses à son sujet.

La première heure de jeu ne m’a pas fait une très bonne impression, d’abord pour la maniabilité très laborieuse des personnages. Ceux-ci sont lents, poussifs, ne courent que quand les scénaristes l’ont décidé, se heurtent mollement aux éléments du décor et se coincent un peu partout lorsque l’on tente de les diriger, même dans des situations urgentes. Par ailleurs, la gestion de la caméra n’est pas laissée à notre initiative, et même si les choix de cadrages imposés au joueur apportent à Heavy Rain une dimension cinématographique appréciable, l’alternance champ/contrechamp s’avère dans les faits fort peu pratique car elle vous oblige, lorsqu’elle survient, à user de vos réflexes pour inverser le plus vite possible la direction de la marche sous peine de voir votre personnage faire demi-tour.

Par ailleurs, le scénario commence plutôt mal, déversant à la pelle dialogues creux et clichés de famille-unie-et-heureuse dans sa grande maison ensoleillée. Les deux enfants du couple sont stupides, mal élevés et insupportables, ce qui ne poserait pas de problème si ces traits de personnalité avaient été volontairement induits par les scénaristes. Malheureusement, ceux-ci tentent de faire passer ces deux petits crétins pour d’adorables créatures auxquelles nous ne pouvons que nous attacher. Autant dire qu’Heavy Rain s’est montré incapable de me faire ressentir la moindre empathie à leur égard et que tout ce qui pouvait advenir d’eux par la suite m’indifférait totalement. Dommage, pour un jeu censé faire ressentir des émotions au joueur.

Heureusement, au fil du temps, les choses ont progressivement commencé à aller mieux. Le scénario en lui-même ne s’est pas substantiellement amélioré : de catastrophique, il s’est peut-être tout au plus élevé au rang de médiocre, n’évitant ni l’écueil des clichés, ni celui des incohérences – j’y reviendrai plus tard. Si Heavy Rain avait été une série policière, ç’aurait été une série B et je n’aurais pas persévéré après le deuxième épisode. S’agissant d’un jeu, les mécanismes additionnels ont cependant réussi à changer la donne.
La grande différence avec le cinéma, c’est que vos réussites et échecs ont un vrai impact sur le scénario. De banales péripéties qui m’auraient à peine inquiétée dans un film – leur aboutissement étant toujours trop prévisible – ont ici suscité chez moi une réelle implication émotionnelle, car dans Heavy Rain, l’échec est toujours envisageable. Vos personnages peuvent mourir : dans ce cas de figure, vous n’avez plus accès aux autres scènes les impliquant et vos chances de parvenir à une issue heureuse s’amincissent.
Le gameplay à base de QTE est plutôt bien pensé et les scènes d’action sont finalement assez prenantes. On peut cependant reprocher au jeu la difficulté ponctuelle de certaines combinaisons de touches (qui semblent avoir été conçues pour des octopus et pas des êtres humains). De la même façon, les conséquences de certains raccourcis ne sont pas toujours évidentes (il m’est arrivé de tirer sur un personnage alors que je voulais discuter avec lui, les deux possibilités étant affichées côte à côte sur l’écran sans plus d’indications sur leurs effets respectifs). Et, en cas d’erreur, impossible de revenir en arrière : le mal est fait.

Si Heavy Rain a finalement réussi à me faire ressentir des choses, il ne s’est agi que d’émotions assez basiques et instinctives. L’enjeu principal ne m’a jamais en lui-même beaucoup importé, mais certaines scènes ont réussi à me communiquer un véritable malaise : choc, dégoût, sensations d’enfermement ou d’oppression. Je pense que ce type d’émotion primaire est plus aisé à susciter chez le joueur que l’intérêt pour le scénario, mais ce point positif mérite néanmoins d’être relevé.
L’histoire en elle-même souffre de trop nombreux défauts d’écriture pour que je puisse en faire l’éloge : des mystères majeurs ne sont jamais expliqués, des personnages qui ne se sont jamais rencontrés se connaissent soudain comme par magie et, à la lumière du twist final, certains comportements perdent tout leur sens. En interview, David Cage a tenté tant bien que mal de combler ces fossés scénaristiques… Malheureusement, ses explications m’ont semblé bien trop maladroites pour que je puisse décemment penser qu’elles avaient été prévues dès le début. Par ailleurs, une oeuvre devrait se suffire à elle-même, et si la majorité des joueurs relèvent une bizarrerie ou une incohérence au sein d’une histoire, c’est que les scénaristes ont échoué à la justifier.

Il est assez aisé de créer du mystère en accumulant les scènes inexplicables. Ce qui est vraiment respectable, c’est de savoir ensuite résoudre les nœuds de l’intrigue de façon satisfaisante, et Heavy Rain ne remplit malheureusement pas cet objectif.


Jeu terminé le dimanche 2 septembre 2018.

Ma note : 6/10.

V – 1.

V – 1.

Je dénichai le profil d’Armand aux alentours de la fin de l’année 2013, ou peut-être le début de 2014. Alors étudiante en lettres appréciant la littérature, j’avais été séduite par sa prose, relayée régulièrement sur Facebook par un ami commun.

Parmi le vivier d’individus dont j’avais croisé la route sur Internet, seuls quelques-uns s’étaient jusqu’ici montrés capables de s’exprimer correctement. Armand en faisait partie et je m’en étonnai, considérant que ses écrits surpassaient en qualité ceux que l’on pouvait trouver dans de nombreux ouvrages ayant franchi l’étape de la publication. Il abordait divers sujets, de la musique aux livres anciens en passant par des billets plus autobiographiques qui relataient ses amours passées ou offraient à ses lecteurs d’hilarantes anecdotes tirées de son quotidien. Son style était fluide, son vocabulaire riche et sa grammaire excellente, mais non content d’exceller sur la forme, Armand savait aussi faire preuve d’un humour et d’une répartie qui m’impressionnaient, moi qui avais toujours été trop nerveuse en société pour que de tels mots d’esprit me viennent aussi spontanément.

Armand publiait sur sa page depuis plusieurs années. D’abord, je n’y fis qu’un rapide passage, trop intimidée par ce personnage que je voyais déjà devenir un écrivain renommé – ce n’était assurément qu’une question de mois. Mais loin de m’attirer à lui, cette destinée que je lui prédisais me maintint plutôt à distance : viscéralement rebutée par l’esprit de compétition, je n’avais pas la moindre envie de devoir me battre pour conserver ma place auprès de quiconque au moment où cette personne, devenue célèbre, se ferait courtiser par une foule d’admirateurs fraîchement débarqués. Par ailleurs, mon dégoût de moi-même me poussait à considérer que ma présence aux côtés d’un artiste en phase de création constituait un parasitisme  nuisible à son travail. Je n’avais en effet rien d’intéressant à apporter à personne et je devais donc œuvrer pour que mon existence passe autant que possible inaperçue.

Je m’abstins donc de rédiger le moindre commentaire sur son mur ce soir-là mais lui témoignai mon admiration pour ses textes en likant discrètement ceux que j’avais le plus appréciés. Je quittai sa page en me promettant d’acheter le roman qu’il publierait selon ses dires bientôt, assurée que sa lecture constituerait une agréable expérience.

De nombreuses notifications m’attendaient le lendemain matin, et je fus stupéfaite de voir qu’elles venaient de lui. Cet homme bientôt illustre était venu sur mon profil pour y commenter plusieurs de mes photos. Son invitation à devenir amis suivit rapidement et je ressentis immédiatement une boule au ventre : Armand faisait erreur, j’étais indigne de figurer parmi ses contacts et il finirait bien par s’en rendre compte un jour ; tout cela résultat probablement d’un malentendu dont je ne parvenais pas à identifier l’origine. Cependant, je ne pouvais pas non plus justifier mon refus en lui opposant mes motivations réelles : ces dernières prenaient racine en mon manque d’estime de moi, si profond, si anormal qu’elles auraient pu sembler hypocrites à quelqu’un ne me connaissant pas. Je ne voulais pas donner l’impression de chercher à ce que l’on me rassure ou me complimente, aussi me tus-je et acceptai son offre.

 

 

[Film] Morse (2008)

[Film] Morse (2008)

Ce qui frappe d’abord dans Morse, c’est le choix du cadre spatio-temporel, qui tranche radicalement avec les atmosphères gothiques, aristocratiques ou orientalistes de beaucoup de films de vampires. L’action se déroule en effet dans la Suède pauvre des années 1980, au cœur d’une ville glaciale, envahie par la neige et vidée de ses habitants. De cette association unique émerge une atmosphère que l’on ne retrouvera nulle part ailleurs et qui sera renforcée par la froideur des personnages mêmes. Ceux-ci toujours distants entre eux, échangeront parfois quelques paroles poussives et monocordes entrecoupées de longs silences contribuant ainsi à la construction d’une esthétique clinique et déshumanisée qui se marie parfaitement avec le thème du vampire. Dans Morse, les êtres vivants ressemblent tous à des cadavres ambulants, barricadés dans leurs HLM-cercueils, exclus de la société et ne ressentant rien, hormis la solitude et la haine.

Malheureusement, cette déshumanisation va sans doute trop loin et constitue à mon sens le défaut majeur du film : à trop être vidés de leur âme, les personnages principaux manquent cruellement de profondeur. Le scénario en lui-même est assez basique – une histoire de chasse, de harcèlement et de vengeance enjolivée de quelques péripéties et non exempte de deus ex machina – et les protagonistes sont caractérisés de manière beaucoup trop simpliste – on sait peu de choses du héros, en dehors de son désir de vengeance et de son inaptitude sociale. Quelques pistes sont parfois évoquées ici et là (la relation de l’enfant avec son père, la cicatrice mystérieuse de la vampire), mais elles sont trop superficielles pour parvenir à contrebalancer la pauvreté de l’intrigue. Enfin, la musique, qui savait pourtant se faire discrète durant la majeure partie de l’oeuvre, est d’une lourdeur excessive dans les scènes finales : ses notes dramatiques sont inaptes à nous communiquer la détresse du héros et m’ont laissé un arrière-goût de film raté, au potentiel intéressant mais loin de remplir ses promesses de finesse et d’originalité.


Film regardé le 30 juillet 2018.

Note : 5/10

V – Introduction

V – Introduction

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Les années qui suivirent furent le théâtre de deux histoires imbriquées que je relaterai ici, chacune étant à sa manière le récit d’un lent naufrage pourtant anticipable. La première traitera de ma relation chaotique avec un individu fort peu recommandable, la seconde de l’échec de mon ambition professorale.

La personne dont je souhaiterais parler se révélant être un an et demi après notre rupture encore fort prolixe à mon sujet, je profiterai de cette partie du récit pour porter ma propre vision des choses à la connaissance de ceux qui n’ont jusqu’ici pu entendre qu’une version des faits fournie par mon ex-ami, narrateur particulièrement indigne de confiance.

Je ne chercherai pas à romancer les faits au nom d’une bien commode licence littéraire. Je tâcherai de me montrer honnête en relatant aussi bien mes mérites que mes erreurs – car il y en a eu, mais pas forcément celles que l’on m’impute.

Enfin,  bien que je ne puisse pas l’empêcher, j’aimerais que celles et ceux qui connaissent la personne dont il est question ne lui communiquent pas l’adresse de ce site, ou, au moins, qu’ils se gardent de le faire tant que ce récit ne sera pas achevé. Je pense qu’il est nécessaire que mes éventuels lecteurs aient accès à une vision globale des événements avant de prendre une décision qui, sans doute, attisera chez lui des velléités de vengeance. En effet, ma défense face à ses calomnies, bien que tardive et discrète, pourrait lui sembler inadmissible dans la mesure où elle fera ombrage à sa réécriture des faits. Ses mensonges grossiers, martelés frénétiquement auprès de son entourage depuis une vingtaine de mois, risqueront d’être mis à mal provoquant par là même la dégradation de l’image enjolivée que ses lecteurs se faisaient de lui.

J’ai précieusement conservé au cours de ma relation avec lui, un grand nombre de traces écrites sur lesquelles je m’appuierai afin de rendre ce récit le plus fiable et le plus précis possible. À ceux dont l’opinion m’importe, je vous encourage, si le moindre doute sur l’objectivité de ma version des fait vous habite, à me réclamer une copie de ces échanges.

Bonne lecture.

[Japon] Dimanche 16 juillet 2017

[Japon] Dimanche 16 juillet 2017

J11.
Finalement, en dépit de nos courbatures encore bien tenaces, nous avons survécu aux vingt minutes de marche sur le chemin pentu qui menait au parc des singes. Le plus difficile à supporter ici reste la chaleur : le temps est caniculaire. Je me suis pour ma part adaptée aux coutumes locales et je n’hésite plus à déployer mon parapluie-ombrelle au moindre rayon de soleil.
Le parc accueille uniquement des macaques, seule espèce à habiter le Japon. Ils se promènent en liberté dans une zone plutôt vaste et retournent dans la forêt à la tombée de la nuit. Au sommet de la colline, les visiteurs peuvent s’enfermer dans une cage pour distribuer de la nourriture aux singes. Ceux-ci ne se pressent pas vraiment au portillon et certains se payent même le luxe de pousser mollement de votre main la nourriture qui ne leur plaît pas. J’ai eu l’insigne honneur d’être approchée par un bébé macaque qui, dès son apparition, est devenu le centre d’attention général, et mes offrandes de cacahuètes ont été saluées à plusieurs reprises par des cris d’admiration de la part des autres touristes.
Nous avons déniché en nous promenant à Kyoto un magasin de location de yukatas et en avons réservé un chacun pour demain. Photos à venir. 

 

Sachez que j'ai dû enfreindre trois règles du parc pour prendre cette photo.
Sachez que j’ai dû enfreindre trois règles du parc pour prendre cette photo.
Contrairement aux apparences, c'est moi qui suis dans la cage.
Contrairement aux apparences, c’est moi qui suis dans la cage.
Forêt de bambous.
Forêt de bambous.
[Japon] Samedi 15 juillet 2017

[Japon] Samedi 15 juillet 2017

J10.
Pour une fois, j’ai fait le choix de louer une chambre chez un habitant plutôt qu’un logement entier et je ne le regrette pas. Notre hôte nous préparait un délicieux petit déjeuner chaque matin, et c’est le ventre plein que nous avons fait nos adieux au Mont Fuji depuis le ponton d’observation de la gare.
Le train nous a ensuite emmenés à Kyoto en quatre ou cinq heures. Percluse de courbatures comme je l’étais après notre randonnée de la veille, cet immobilité forcée m’a fait du bien. Je boîte encore ce soir à la simple vue d’un escalier, et même la marche la plus lente me fait souffrir.
Une fois sur place, le propriétaire de notre logement nous a appris que nous arrivions à temps pour Gion Matsuri, l’un des principaux festivals de Kyoto, qui s’étale sur plusieurs jours et qui met en scène une procession de chars dans l’un des plus vieux quartiers de la ville. Malgré notre fatigue, nous nous sommes donc risqués à effectuer une petite promenade nocturne. Certaines ruelles étaient noires de monde et beaucoup de flâneurs avaient revêtu un kimono pour l’occasion – ou plutôt, un yukata, son équivalent estival, plus léger, en soie plutôt qu’en coton. J’aurais bien aimé en porter un également pour ne pas déparer mais le fait d’avoir un sac à dos pour tout bagage interdit tout achat superflu.
Demain, je devrais visiter un parc où les singes se promènent en liberté. J’espère que mes vieilles douleurs auront disparu d’ici-là car le sentier de randonnée qui y mène est, paraît-il, plutôt sportif…

 

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[Japon] Vendredi 14 juillet 2017

[Japon] Vendredi 14 juillet 2017

J9.
Ascension du mont Fuji.
Je suis complètement épuisée, alors que je n’ai même pas atteint le sommet.
J’ai eu droit à de la pluie et à un brouillard épais qui masquait toute la vallée. Cependant, si je n’ai pas beaucoup profité du paysage, la brume avait au moins l’avantage de nous isoler des autres randonneurs.
En rentrant en ville, le soir, complètement lessivés, nous avons croisé un autre français qui partait pour le Mont Fuji encore moins bien équipé que nous : tout seul, en short, sans bâtons ni lampe frontale. De nuit, dans le brouillard, je vois mal comment il pourra arriver au sommet. Il voulait voir le lever du soleil. J’espère qu’il est encore vivant. 

 

La plus grosse partie de l'ascension : l'escalade, sans les gants recommandés par le guide.
La plus grosse partie de l’ascension : l’escalade, sans les gants recommandés par le guide.

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Sous la pluie.
Sous la pluie.
Le tout petit bout du haut du mont fuji, sur le chemin du retour. Le bas était gâché par un bâtiment très moche, d'où le cadrage bizarre.
Le tout petit bout du haut du mont fuji, sur le chemin du retour. Le bas était gâché par un bâtiment très moche, d’où le cadrage bizarre.
Ouaiiis (Pauvre de moi, je ne savais pas encore que la descente allait être dix fois pire que la montée).
Ouaiiis !
(Pauvre de moi, je ne savais pas encore que la descente allait être dix fois pire que la montée).
[Japon] Jeudi 13 juillet 2017

[Japon] Jeudi 13 juillet 2017

J8.
Échec total aujourd’hui. Nous devions nous rendre à Fujiyoshida, une ville se situant au Nord du mont Fuji. Pour cela, il nous aura fallu monter dans sept trains différents, dont un particulièrement lent qui contournait le célèbre volcan en passant par l’ouest. Ce n’est qu’une fois arrivés que nous avons compris qu’il existait une ligne directe depuis Tokyo et que nous aurions pu arriver à destination quatre heures plus tôt… Au total, le trajet nous aura pris presque onze heures en comptant nos ultimes errances dans des petites rues pavillonnaires, de nuit, guidés par un téléphone à trois pourcent de batterie. À la fin, nous en étions rendus à éclairer avec nos écrans les façades des maisons dans l’espoir reconnaître les planches en bois vert vaguement discernables sur les photos d’airbnb.
Notre hôte, inquiété par mes messages de détresse aura heureusement fini par nous débusquer en ratissant en voiture les rues de son quartier.
Je n’ai donc pas encore vu grand-chose du mont Fuji puisqu’il faisait nuit noire au moment de notre arrivée. Heureusement, demain, une bonne randonnée devrait compenser toutes ces heures passées à attendre dans des trains et des gares.

Une passagère de l'un des trains a confectionné deux origami et nous les a offerts. Quand elle a compris que nous ne savions pas où les ranger, elle s'est empressée d'ajouter la petite enveloppe ("origami in").
Une passagère de l’un des trains a confectionné deux origami et nous les a offerts. Quand elle a compris que nous ne savions pas où les ranger, elle s’est empressée d’ajouter la petite enveloppe (« origami in »).
Le trajet le plus stupide du monde. Il faut dire que je me repose entièrement sur mon compagnon de voyage pour ce qui est de l'orientation, étant moi-même assez peu douée dans ce domaine. J'ai donc ma part de responsable dans cet échec.
Le trajet le plus stupide du monde.
Il faut dire que je me repose entièrement sur mon compagnon de voyage pour ce qui est de l’orientation, étant moi-même assez peu douée dans ce domaine. J’ai donc ma part de responsable dans cet échec.
Notre chambre, près du mont Fuji.
Notre chambre, près du mont Fuji.

 

[Japon] Mercredi 12 juillet 2017

[Japon] Mercredi 12 juillet 2017

J7.
Je craignais que nous nous ennuyions ici, mais la région regorge de promenades, de lacs et de cascades, et je regrette maintenant de ne pas pouvoir rester à Nikko un ou deux jours de plus.
Après un rapide passage dans les bains chauds privés de notre résidence, nous prenons un bus qui nous dépose sur les hauteurs d’une montagne, près d’une cascade certes impressionnante mais enlaidie à mes yeux par les trop nombreuses routes et installations touristiques aux alentours.
Au moment de faire demi-tour pour remonter dans le bus, afin de tuer le temps jusqu’à l’arrivée de notre prochain véhicule, nous nous aventurons sur un petit chemin qui pénètre dans la forêt. Très vite, nous comprenons qu’il s’agit en réalité d’un sentier de randonnée d’une demi douzaine de kilomètres menant à la destination que nous convoitions : un village à Onsens, bains chauds publics alimentés par des sources thermales.
Je ne regrette pas cette petite promenade improvisée au cœur de la forêt, d’où nous apercevions de temps à autre le sommet d’une montagne enveloppé dans des fumerolles de brume. Je n’avais pas vu de paysages aussi beaux depuis mon arrivée au Japon.
Une fois arrivés au village, nos narines sont violemment agressées par une odeur d’oeuf pourri qui semble émaner de partout à la fois. Après avoir soupçonné un pauvre touriste ayant eu le malheur de croiser notre chemin, nous comprenons que cette puanteur provient en réalité des sources thermales elles-mêmes.
Ce mystère élucidé, nous partons à la recherche d’un onsen dans lequel nous détendre mais ne trouvons qu’une sorte de petit lavoir rempli d’eau presque bouillante servant uniquement à tremper ses pieds. Passé un douloureux temps d’adaptation, la température devient supportable et mes pieds semblent apprécier le traitement.
Chassés par une horde bruyante d’écoliers à petits chapeaux jaunes, nous finissons par regagner un arrêt de bus sous une violente averse. C’est la saison des pluies au Japon, et nous avons jusque là été épargnés par les intempéries, mais aujourd’hui, l’orage a grondé pendant toute notre promenade, et mon k-way était évidemment resté dans notre chambre…

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Randonnée autour de Niko.
Randonnée autour de Niko.

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Notre bain (chaud) privé.
Notre bain (chaud) privé.

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Randonnée.
Randonnée.